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Désinformation, ré-information, infobésité : Quels risques ?

Prévention & actions sociales | Publié le 20 juillet 2023

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La fatigue informationnelle se répand au point que 77 % des Français se limitent ou cessent de s’informer ! En cause, la fiabilité des informations, la multiplication de sites de “ré-information”, les chaînes en continu… Avec deux conséquences de taille : l’une sur la santé publique, l’autre sur l’engagement démocratique.

 

Images du pape en doudoune blanche créées par des IA, faux policiers invités sur les plateaux TV, tweets des pro-Trump, guerre en Ukraine... La désinformation se porte bien. Nous, moins. Afin de saisir les enjeux et les risques de la fatigue informationnelle, l’Observatoire Société et Consommation, Arte et la Fondation Jean Jaurès ont mené une enquête très poussée qui montre comment les Français réagissent à ce phénomène.

L’info éparpillée façon puzzle

Aujourd’hui, pour s’informer, les Français utilisent en moyenne 8,3 canaux différents et 3,2 quotidiennement. Trois canaux dominent : le JT (89 % des Français s’informent ainsi), les réseaux sociaux (83 %), la radio (82 %). Mais au quotidien, les Français consultent d’abord les réseaux sociaux, dont 50 % plusieurs fois par jour, puis viennent les JT et la radio. C’est donc internet qui domine, avec l’explosion des podcasts et des médias alternatifs comme Brut. Une mutation liée à l’hyperconnection : si un Français sur deux était connecté en 2005, c’est désormais plus de neuf sur dix (92 %) qui le sont, avec 84 % qui possèdent un smartphone (contre 17 % il y a dix ans) et 67 % qui sont sur les réseaux. Et puis une majorité de Français estime important de s’informer régulièrement dans les médias (59 %). Pour un sur cinq c’est même “très important”. Sauf que…

Une sobriété volontaire…

Les Français ont accès à davantage de sources d’information, mais la fragmentation et la multiplication des usages ne facilitent pas la tâche : 35 % estiment devoir faire des efforts pour s’informer correctement, en particulier les jeunes (48 %) et ceux qui tiennent à s’informer régulièrement. Ces difficultés tiennent à la qualité de l’information : la surenchère de débats polémiques, le manque de fiabilité de l’information, l’effet délétère sur le moral.

La moitié des Français éprouvent régulièrement du stress ou de la fatigue face au trop-plein d’information. Résultat, ils ont adopté des stratégies de régulation, par exemple en désactivant les notifications sur leur téléphone ou en se forçant à ne pas regarder le JT. Ainsi 77 % des Français se limitent ou cessent de s’informer.

… qui crée du désengagement

85 % des Français ont le sentiment d’une uniformisation de l’information et d’une répétition ad nauseam des mêmes informations. Cette massification les empêche de prendre du recul (59 %), de distinguer ce qui est important (51 %), utile (53 %), ce qui leur permettrait de se faire une opinion (49 %). La défiance vis-à-vis des médias génère donc une suspension du jugement, un désengagement face à l’actualité alors que celle-ci doit permettre de comprendre notre environnement, ce qui se joue, et par conséquent de se situer, de prendre position. La fatigue informationnelle est donc ainsi une menace à la fois pour la santé mentale des Français mais aussi pour le bon fonctionnement de la société et de la démocratie.

 

5 profils face à l'info

+ Les hypers informés en contrôle : principalement des hommes âgés et aisés qui s’informent de manière intense via les médias traditionnels. 11 % des Français.

+ Les hypers connectés épuisés : des jeunes urbains diplômés qui consultent compulsivement l’information, surtout sur Internet et les réseaux sociaux. 17 % des Français.

+ Les défiants distants : des hommes et des femmes issus de milieux modestes qui expriment une forte réserve vis-à-vis des médias et des politiques. 18 % des Français.

+ Les défiants oppressés : principalement des femmes qui se disent dans un état de fatigue informationnelle intense et ont du mal à se faire une opinion. 35 % des Français.

+ Les non concernés : principalement des actifs habitant des zones périurbaines ou rurales qui ne s’intéressent ni à l’information ni à la politique. 20 % des Français.

 

Comment internet amplifie les erreurs de jugement ?

Internet favorise certains biais cognitifs qui faussent notre jugement ou notre perception. Notamment parce que c’est nous qui cherchons l’information, soit en choisissant le média, soit en utilisant les moteurs de recherche. 

Ainsi le biais de confirmation nous pousse à ignorer des informations qui contredisent nos croyances et à nous diriger plutôt vers les articles qui nous confirment dans nos opinions. 

Le biais de représentativité, qui consiste à présenter un fait particulier comme une généralité, comme une vérité universelle, est aussi amplifié par les algorithmes. Il se renforce avec le biais de simple exposition : la répétition d’une information tend à nous faire croire qu’elle est vraie. 

C’est ainsi que se propagent désinformation et fake news à l’ère d’Internet. D’où le grand retour des superstitions, l’essor du complotisme, la sur-représentation des extrémistes.

Détecter les fausses informations

Comment évaluer la qualité et la pertinence d'une information et discerner le vrai du faux ? 

Voici 10 questions à se poser au quotidien.

 
1. QUI EST L'AUTEUR DE L'INFORMATION ?

Peut-on l’identifier facilement ? Est-il légitime et/ou expert sur le sujet ?

2. QUEL EST L'OBJECTIF DE L'AUTEUR ?

Relate-t-il des faits ou bien exprime-t-il son opinion ?

3. QUELLE EST LA NATURE DU SITE ET DE SON ÉDITEUR ?

Est-ce un site institutionnel, un blog, un média en ligne, un réseau social, ... ?

Est-ce un média détenu par un groupe français ou étranger, un parti politique, une entreprise, une association, un particulier... ?

4. QUEL EST L’OBJECTIF DU SITE ?

La finalité du site est-elle de vendre, d'informer, de militer, de convaincre, de manipuler, de faire peur ou encore de faire le buzz ?

5. COMMENT SE PRÉSENTE LE SITE ?

La structure, l'ergonomie, la clarté de la langue, le type de publicités, la présentation sont autant de révélateur de la crédibilité des informations qu'on y trouve.

6. QUELLE EST LA PROVENANCE DE L'INFORMATION ?

Les informations sont-elles sourcées ? Les origines d'un chiffre, d’une donnée ou d'une citation sont-elles mentionnées et vérifiables ?

7. L'INFORMATION A-T-ELLE ÉTÉ PUBLIÉE SUR D'AUTRES SITES ?

Peut-on facilement comparer et croiser les informations et les sources sur d’autres plateformes ? 

8. QUELLE EST LA DATE DE L'INFORMATION ?

Connaît-on à quel moment les faits relatés se sont produits ? Les légendes sous les images, la date de publication d'un article, les métadonnées sont susceptibles d'apporter de précieux renseignements.

9. L'INFORMATION PRÉSENTE-T-ELLE DES DÉTAILS INCOHÉRENTS ?

Par exemple, lorsque l'image ne correspond pas à la légende qui l'accompagne, cela doit éveiller les soupçons sur la véracité de l'information.

10. QUE DISENT LES COMMENTAIRES ?

Parce qu'ils soulignent parfois l'incohérence d'une information, les commentaires sont utiles pour jauger la crédibilité des informations avancées.

 

Sources Bonne Santé Mutualiste et gouvernement.fr
 


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